les Profanes

Papolâtrie : la honte !

Episode 3 : suite et fin des réflexions des Profanes sur ce qu’a suscité la venue du pape à Metz.

(3 octobre 2026)

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Les Profanes ne sont pas des « pisse-vinaigres ». Ils auraient pu, dans une certaine mesure, observer avec intérêt et indulgence la joie des croyants venus à Metz à la rencontre de Léon XIV lundi 28 septembre. Mais les conditions d’organisation de cet évènement et certaines manifestations de foi leur laissent un goût très amer.

Le sabre et le goupillon à genoux

L’union sacrée des notables pour étouffer toute analyse rationnelle de ce voyage apostolique est sans doute ce qui a le plus sidéré les non-croyants attachés au ‘B à BA’ de la République.

Les Profanes saluent les rares voix discordantes qui ont eu le courage de porter le débat au conseil municipal. Le constat demeure néanmoins affligeant : des élus locaux et nationaux, au coude à coude avec des princes et des princesses, qui se bousculent pour aller, es qualité, à la messe et écouter la leçon du souverain pontife sur l’Europe, ses racines chrétiennes et la paix. Y a-t-il une image plus saisissante pour illustrer l’inconsistance d’une classe politique qui ne jure officiellement que par la laïcité et qui la brade à la première occasion pour surfer sur la vague de l’enracinement identitaire ?

Et que dire de l’image renvoyée par un comité d’organisation diocésain piloté par un ancien gouverneur militaire de Metz. Pour sûr, si l’on voulait figer l’image de Metz dans un stéréotype du XIXème siècle, on n’aurait pas pu mieux faire.

Quant à l’argument ridicule de la visite d’Etat, qui y croit vraiment ? Car c’est bien à la faveur d’un événement de pur prosélytisme religieux que l’argent public et les services des collectivités territoriales et de l’Etat ont été mobilisés. Le coût de cet évènement ne sera jamais compensé par les recettes des hôtels même pas pleins et la razzia sur les goodies à l’effigie du pape.

Une ville bunkérisée pour un rassemblement de bigots ?

D’un certain point de vue, c’est bien ce à quoi nous avons assisté. Mais est-il encore permis de le penser et de le dire sans être passé au pilori. Pourtant, les fait parlent d’eux-mêmes : plus de 4000 agents de police mobilisés, la présence sonore permanente d’un hélicoptère qui couvre jusqu’au son des cloches, des établissements publics fermés, les rues du centre-ville sillonnées par la garde prétorienne de Léon, des croyants en trans persuadés que la vue de l’« être humain le plus proche de Dieu » ou, mieux encore, sa bénédiction sont susceptibles de vous garantir l’accès au paradis ou de guérir un malade. Est-ce être sectaire ou intolérant que d’espérer de nos concitoyens une conception un brin plus sophistiquée de la spiritualité ?

Certes, la venue du chef de l’Eglise catholique à Metz ne se résume pas à cela mais ce fut également cela et il est inquiétant de constater qu’il soit si compliqué d’en parler sans susciter les imprécations d’une certaine foule et les ricanements d’une certaine élite.

Alors qu’on nous a seriné avec l’image d’Epinal d’une jeunesse fervente en quête d’espérance, voici qu’une autre jeunesse se fait entendre en bloquant des lycées et y mettant le feu. Il faut croire que la réalité est encore capable d’échapper au storytelling.

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Episode 2 : la papolâtrie de saint François et de saint Patrick (6 septembre) – https://lesprofanes.fr/la-papolatrie-de-saint-francois-et-de-saint-patrick/  

Episode 1 : la papolâtrie, ça commence (1er juillet 2026) – https://lesprofanes.fr/la-papolatrie/

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