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Les propos de l’imam sèment le trouble au Printemps des religions
Article Républicain lorrain – 11 mai 2016 – Olivier Jarrige
Président du conseil régional du culte musulman, l’imam Amine Nejdi était l’un des six invités du Printemps des religions à Metz. Les Profanes, opposés à ce débat, ont diffusé certaines de ses déclarations ultraconservatrices.
« La pornographie favorise directement ou indirectement la recrudescence des divorces, l’augmentation de l’homosexualité, de la bisexualité, de la sodomie, de la prostitution, du sida. » Ces propos sont tirés d’un article sur l’érotisation de la société, issu du site alwassam, nourri par des proches de la mosquée de Tomblaine. Amine Nejdi en est l’imam. Il est aussi président du conseil régional du culte musulman de Lorraine depuis 2003. Dans une autre citation, il rappelle « la prééminence masculine » sur la femme.
Ils ont été relayés dès lundi soir par Vincent Morel, au nom des Profanes, à la veille du second Printemps des religions organisé par la préfecture de Moselle à l’hôtel de ville de Metz. Mardi après-midi, ils avaient fait le tour des réseaux et enflammé la blogosphère. Pour Vincent Morel, il s’agissait de protester contre l’invitation de l’imam par l’État.
• ET LES JEDIS ? — Il a d’ailleurs diffusé, dans son communiqué, d’autres citations ultraconservatrices du même tonneau, de responsables d’autres religions, pour ne pas prêter le flanc à une critique envers l’islam. Dans la foulée, un groupe de Profanes a manifesté gentiment devant l’hôtel de ville de Metz, pour rappeler l’État à son devoir de neutralité. Les mêmes, déguisés en Jedis, ont rappelé l’existence de leur Ordre, inspiré de Starwars, pour protester contre les critères de choix des invités. « Pourquoi, dans ce débat, aucun athée, aucune femme, aucun agnostique ? »
• QUI D’AUTRE ? — Dans le Grand Salon, la polémique autour de l’imam a fait chou blanc. Certains élus messins sont montés au créneau. Les proches du maire et le préfet ont promis de vérifier les sources des Profanes. « Si nous ne l’avions pas invité, il y aurait eu un malaise » , confie un proche du maire.
Amine Nejdi, lui, répond d’abord par une pirouette. « C’est un texte d’une rédactrice, il y a huit ans, remis à jour en 2012, inspiré d’un livre de Jean-Claude Guillebaud. » Il finit par en assumer la responsabilité. « Il y a écrit « directement ou indirectement ». Les sources de l’homosexualité sont multifactorielles… »
• ET LA FRATERNITÉ ? — Avant de trouver une meilleure défense : « Cela fait vingt-huit ans que je suis sur le terrain, vingt ans que je fais des vidéos… » sans que personne n’ait, jusque-là, trouvé à redire. « Il faut distinguer ce genre de déclaration et l’homophobie, qui est de l’intolérance. J’ai des fidèles homosexuels, je n’ai aucun jugement de valeur à porter sur eux. » Il invite les Profanes à en discuter autour d’un thé, dans sa mosquée, près de Nancy.
Et le Printemps des religions dans tout ça ? La fraternité, le thème de 2016, n’a pas fait le plein. L’évêque de Metz, le doyen des prêtres orthodoxes de l’Est, un pasteur parisien, le grand rabbin de Moselle, un moine bouddhiste et… l’imam ont parlé durant deux heures devant une petite centaine de personnes.


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Civitas au grand séminaire : l’évêque de Metz en voie de radicalisation ?
Communiqué des Profanes du 21 novembre 2016
Le président de l’Institut CIVITAS, Alain Escada, tenait meeting à Metz le 28 octobre dernier en vue des futures échéances électorales. Mais où? Difficile de le savoir tant l’information devait être jugée délicate.
Les Profanes viennent de le découvrir : Alain Escada était au Grand Séminaire de Metz!
CIVITAS, mouvement intégriste catholique et parti politique d’extrême droite, veut rechristianiser la France. Pour cela, il prône la suppression de la loi de séparation de l’Église et de l’État, la suppression de la loi Veil sur l’IVG, la suppression de la loi Taubira sur le « mariage pour tous » (avec annulation rétroactive des mariages existants), la suppression de la loi Gayssot condamnant l’expression raciste en public, l’interdiction de la Franc-maçonnerie, la suppression des aides à la presse, des aides aux «associations parasites», du financement des centrales syndicales, des droits de succession, du droit du sol, …
L’association Les Profanes interpelle les fidèles, les citoyens et leurs élus sur la mobilisation, au profit d’un parti politique d’extrême droite des moyens de l’Église catholique de Moselle largement financée par les impôts de tous les Français du fait de la persistance de dispositions concordataires dans notre département. Les Profanes viennent d’écrire au ministre de l’Intérieur en charge des cultes, supérieur hiérarchique de l’évêque (Concordat), afin de l’alerter sur ces faits troublants.
Metz : l’étrange séance de guérison publique d’un évangéliste en plein centre-ville
Article du Républicain lorrain – 31 juillet 2018– Alain Morvan
Une association laïque de Metz, les Profanes, a écrit lundi au maire de Metz et au préfet de Moselle pour s’inquiéter de l’étrange rassemblement qui a eu lieu à Metz, place de la République, le 21 juillet. Comme le montrent les vidéos ci-jointes, un évangéliste y pratique des séances de guérison publique en soirée notamment sur une femme et un jeune garçon. L’homme prétend y soigner instantanément le cancer… La ville de Metz estime avoir été dupée.
Le show est grandiloquent, dans le style des télévangélistes américains: une femme, qui souffrirait d’un cancer, puis un jeune garçon sont traités par le prédicateur devant un petit groupe de fidèles réunis devant le car podium du pasteur Guy Milon (en polo blanc avec le micro). Capture d’écran vidéo
L’association les Profanes vient d’alerter le maire de Metz et le préfet de Moselle après l’étonnant rassemblement organisé le samedi 21 juillet de 18h30 à 22 h place de la République à Metz. Sur les vidéos que ces défenseurs de la laïcité apportent au soutien de leurs questions, on peut voir son organisateur, un pasteur évangéliste installé près de Sarrebourg, pratiquer des pseudo-séances de guérison en direct…
Le show est grandiloquent, dans le style des télévangélistes américains: une femme, qui souffrirait d’un cancer, puis un jeune garçon sont traités par le prédicateur devant un petit groupe de fidèles réunis devant le car podium du pasteur Guy Milon. « En visionnant les vidéos prises sur place, nous constatons qu’après avoir appelé les parents à amener leurs enfants malades, un très jeune garçon a été guéri par l’apposition des mains de l’évangéliste. Quelques minutes auparavant ce fut une femme guérie de son cancer par la pose d’un chiffon sur sa tête. Ces actes semblent pouvoir être qualifiés notamment d’exercice illégal de la médecine voir de mise en péril des mineurs dans l’hypothèse où les parents cesseraient les soins médicaux après le rituel de guérison opéré par l’évangéliste », dénonce Vincent Morel, de l’association les Profanes.
Dans deux courriers distincts, il demande donc des explications au préfet de la Moselle et au maire de Metz. « Nous voudrions savoir si ce rassemblement a été déclaré auprès des services compétents en vertu des articles L211-1 à L211-4 du Code de la sécurité intérieure, qui régissent les réunions publiques et si ce rassemblement a reçu un soutien matériel ou financier de la ville de Metz », indique Vincent Morel. Les Profanes s’interrogent également sur « l’opportunité de la transmission des informations utiles aux autorités compétentes, inquiets de la santé physique des mineurs prétendument guéris par Monsieur Guy Milon lors de ce rassemblement ».
Si l’on regarde de près les vidéos prises le 21 juillet par un témoin qui assiste au prêche enflammé du « pasteur-guérisseur », il évoque très rapidement ses capacités à soigner les maladies les plus graves, dont le cancer. C’est la promesse qu’il fait à une femme et à l’ensemble de son audience du jour. « Est-ce qu’il y a des gens qui ont des cancers ici? », interroge Guy Milon
La suite? On passe à la « guérison » proprement dite dans une ambiance de rite de désenvoutement. La malade est placée sous le contrôle du pasteur qui dit lui arracher la maladie du corps.

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A Metz, un évangéliste soigne le cancer dans la rue avec un chiffon sur la tête et des incantations!
Communiqué des Profanes du 31 juillet 2018
L’association de promotion et de défense de la laïcité « Les Profanes » a interpellé le Maire de Metz et le Préfet de Moselle concernant un rassemblement public ayant eu lieu le 21 juillet 2018, Place de la République à Metz.
Organisé par Monsieur Guy MILON, évangéliste du « Ministère International d’Evangélisation », cet évènement se déroulait dans le cadre d’une « grande campagne de guérison ».
Si la liberté de conscience dont la croyance religieuse constitue un principe fondamental reconnu par les lois de la République, celle-ci ne saurait empêcher la protection de la santé des mineurs et des personnes vulnérables.
Or en visionnant les vidéos prises sur place, nous constatons qu’après avoir appelé les parents à amener leurs enfants malades, un très jeune garçon a été « guéri » par l’apposition des mains de l’évangéliste. Quelques minutes auparavant ce fut une femme « guérie de son cancer » par la pose d’un chiffon sur sa tête…
Ces actes semblent pouvoir être qualifiés notamment d’exercice illégal de la médecine voir de mise en péril des mineurs dans l’hypothèse où les parents cesseraient les soins médicaux après le « rituel de guérison » opéré par l’évangéliste.
Une photographie montre de nombreuses chaises floquées au nom de la ville de Metz, accolées à d’autres sièges de forme identique.
Au vu de ces éléments inquiétants Les Profanes demandent au Maire et au Préfet, par courriers séparés :
Devant la gravité des faits l’association Les Profanes sera attentive sur les suites données à cette affaire.