
Annulation de la subvention allouée à l’association cultuelle ‘Grande Mosquée de Metz’
(communiqué de presse de l’association Les Profanes – 21 janvier 2026)
Les Profanes (promotion des cultures athées, agnostiques, déistes et humanistes) se félicitent de la décision du tribunal administratif de Strasbourg du 30 décembre dernier qui annule la délibération du conseil municipal de Metz du 15 juillet 2024 allouant une subvention de 490.000 euros de contribution de la collectivité à l’édification d’une grande mosquée à Metz. L’association salue le courage et l’opiniâtreté de l’UFAL de la Moselle à l’initiative de cette action en justice.
Élus cherchent boussole républicaine
‘Pas d’intérêt public local démontré’ : c’est l’argument invoqué par le tribunal pour prendre sa décision. Ce raisonnement juridique conforte Les Profanes dans son analyse : les raisons pour lesquelles des conseillers municipaux de Droite et de Gauche ont accepté de se faire tordre le bras par le maire de Metz étaient essentiellement politiciennes, entre clientélisme et lâcheté devant le chantage à l’ ‘islamophobie’.
La laïcité : ni respect ni mépris mais abstention
François Grosdidier a beau répéter (et il n’est pas le seul) que la laïcité est un œcuménisme qui tolère les non-croyants, l’affirmation reste fausse. Adresser des signes de reconnaissance, d’adhésion morale et des chèques aux religions (c’est-à-dire à certaines d’entre elles seulement, qu’on y inclut ou pas l’islam), c’est les privilégier, c’est-à-dire discriminer les personnes affilées aux religions exclues de la manne publique, les croyants non-affiliés et tous les non-croyants, qu’ils soient athées, agnostiques on indifférents. C’est la raison pour laquelle le législateur de 1905 a fixé des règles d’abstention à la puissance publique. Le régime dérogatoire des cultes alsacien-mosellan est discriminatoire. Il doit être supprimé. Inclure l’islam dans la liste des heureux bénéficiaires ne supprime pas les discriminations mais déplace simplement le curseur d’un chouia sur le spectre de la réaction.
Nourrir le crocodile qui va tous nous manger !
Est-ce par conviction que le maire de Metz court d’un lieu de culte à un autre ? Soyons magnanimes et accordons-lui le bénéfice du doute. Cependant, même en supposant que l’approche des échéances électorales n’y est pour rien dans la multiplication des cadeaux et des marques de déférence à l’attention des trois monothéismes, il n’en demeure pas moins que cette attitude est particulièrement dangereuse. Dès qu’un élu envoie un signe de sympathie à une chapelle, il suscite l’envie, la rancœur, la peur du déclassement chez les autres qui réclament un juste rééquilibrage au nom de leur représentativité, de leur antériorité, de leur dynamisme, de l’histoire, de la tradition, de la diversité, de la lutte contre les discriminations, d’une compensation qui leur serait due, etc… Se faisant, nos politiques ne font qu’exacerber les surenchères identitaires au nom du ‘vivre ensemble’.